{"id":4234,"date":"2014-06-25T13:57:03","date_gmt":"2014-06-25T17:57:03","guid":{"rendered":"http:\/\/haiti-observateur.ca\/?p=4234"},"modified":"2014-06-25T13:57:03","modified_gmt":"2014-06-25T17:57:03","slug":"les-souliers-du-president","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/haiti-observateur.news\/?p=4234","title":{"rendered":"Les Souliers du Pr\u00e9sident"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>SUR LA ROUTE DU CIN\u00c9MA <\/strong><em><a style=\"color: #000000;\" href=\"mailto:dan@danalbertini.com\">Par Dan Albertini<\/a><\/em><\/span><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Les Souliers du Pr\u00e9sident<\/strong><\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong><em>Un sc\u00e9nario qui met en vedette Don Kato, le pr\u00e9sident et la ville de J\u00e9r\u00e9mie. Kanaval est Carnaval<\/em><\/strong><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>Antonio Cherami est Don Kato. Il est un juge de la soci\u00e9t\u00e9 des sans titres, mais il n\u2019est pas des sans-papiers. Il prononce un verdict. Sa parole est de l\u2019encre ind\u00e9l\u00e9bile dont l\u2019empreinte litt\u00e9raire reste orale, elle fait dans la meringue populaire. Ce n\u2019est pas un chapeau qu\u2019il propose au pr\u00e9sident, mais des souliers coinc\u00e9s qui laissent des empreintes \u00e9trang\u00e8res. Partout. D\u00e9form\u00e9es, roses. Le film.<\/em><\/span><span style=\"color: #000000;\"><em>\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Le sc\u00e9nario est r\u00e9el, il rentre dans le contexte d\u2019une nouvelle notion. Un langage, <em>le cr\u00e9ole ha\u00eftien<\/em>. Don Kato est musicien, il a introduit \u00ab<em>at\u00e9ri<\/em>\u00bb en administration politique. Il accuse le pr\u00e9sident d\u2019\u00eatre \u00ab<em>aloral\u00bb. <\/em>Qu\u2019est-ce que cela peut vouloir dire ? Celui-ci r\u00e9agit avec virulence. <em>C\u2019est le carnaval. <\/em>Le domaine n\u2019est plus de ses comp\u00e9tences. Despote, il veut dominer. Sur tout, <em>surtout dans la crasse<\/em>. M\u00eame ces marches d\u2019escalier dans une zone r\u00e9put\u00e9e pour sa prostitution font les frais. <em>Bois Jalousie <\/em>a re\u00e7u des escaliers pour descendre. Non pour monter ni remonter. <em>Oups, les standards<\/em>. Le pr\u00e9sident a d\u2019ailleurs vol\u00e9 et viol\u00e9 les droits du maire de la petite bourgade de la Place Saint-Pierre qui tentait de s\u2019\u00e9lever en pri\u00e8re aupr\u00e8s du saint du m\u00eame nom. L\u2019histoire est d\u00e9sormais sur toutes les l\u00e8vres du Boulevard Dessalines.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">C\u2019est de l\u00e0, un <em>kanaval <\/em>\u00e0 J\u00e9r\u00e9mie. \u00c9taler la meringue sur ces hommes en rose. Le pr\u00e9sident va-t-il le d\u00e9tourner, sinon l\u2019interdire ? La sc\u00e8ne ressemble \u00e0 une fiction, mais, ant\u00e9rieure.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>Si vous \u00eates un habitu\u00e9 de la s\u00e9rie 24 Heures Chrono avec Jack Bauer, vous connaissez s\u00fbrement le pr\u00e9sident Charles Logan qui avait trahi son pays. Et qui, malgr\u00e9 les tentatives de la pr\u00e9sidente Taylor pour l\u2019absoudre, le scorpion a mordu une fois de trop. C\u2019est dans sa nature. Son nom se trouvait dans des documents de source \u00e9trang\u00e8re russe. LES SOULIERS DU PR\u00c9SIDENT pr\u00e9sentent un autre type de personnage, mais, toujours avare, manipule avec ind\u00e9cence. Et dont le nom se retrouve sur une liste particuli\u00e8re d\u2019un pays tiers. Anc\u00eatres et Origines. Une diff\u00e9rence, il est encore pr\u00e9sident tandis que dans 24 Heures Chrono Charles ne l\u2019est plus. La honte en main, il s\u2019est d\u2019ailleurs suicid\u00e9 \u00e0 la fin de la 8e saison.<\/em><\/span><span style=\"color: #000000;\"><em>\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">J\u00e9r\u00e9mie est une ville c\u00f4ti\u00e8re qui regarde l\u2019Oc\u00e9an du bout de la terre quand l\u2019envie s\u2019empare du gentil\u00e9 en mal d\u2019\u00e9vasion. La ville poss\u00e8de par contre un c\u0153ur qui bat. Une \u00e2me qui vit, <em>certains pr\u00e9tendent d\u2019en voir marcher la nuit<\/em>. Il y a aussi une place publique pr\u00e8s du port. Ce n\u2019est pas celui de la <em>gondolina <\/em>\u00e0 Venise, mais du bateau marchand qui part tard le soir et d\u2019autres qui rentrent t\u00f4t le matin. Car, la nuit en mer est plus fra\u00eeche, le soleil plus haut le jour.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Elle souffre par contre d\u2019une triste r\u00e9putation, une m\u00e9decine magique qui purge la victime \u00e0 distance. Le maire de la ville re\u00e7oit un curieux message, il vient d\u2019outremer. Les \u00e9motions lui gonflent les art\u00e8res. \u00c7a ne vient de la r\u00e9putation, mais dit-on au pays : <em>\u00abla magie ne vaut la combine\u00bb<\/em>. L\u2019organisation mondiale du carnaval a choisi sa princesse. J\u00e9r\u00e9mie. Elle sera Reine. Le pr\u00e9sident avait vol\u00e9 ce droit du maire, est-ce donc un pi\u00e8ge, une combine ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Le maire d\u00e9couvre subitement les souliers du pr\u00e9sident. <em>Sur son terroir<\/em>. Ce n\u2019est encore le bal masqu\u00e9. Le vent de la panique souffle, celui de la meringue aussi. Le maire se tient debout, plus question de c\u00e9der de ses pouvoirs. C\u2019est la loi m\u00e8re qui d\u00e9cide, <em>la rue en renfort, le c\u0153ur aussi. Qui sait combien d\u2019invisibles sont engag\u00e9s dans la m\u00eal\u00e9e !<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4235 aligncenter\" src=\"http:\/\/haiti-observateur.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/IntDipl4LesSouliersPresident2p-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"223\" height=\"300\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Le <em>masque <\/em>du pr\u00e9sident lui d\u00e9clare une <em>guerre sainte <\/em>\u00e0 J\u00e9r\u00e9mie, mais le terreau est fertile au <em>champignon magique<\/em>. La chaleur estivale risque de faire pousser avant terme cette semence de la meringue, une herbe <em>hallucinante <\/em>consomm\u00e9e en p\u00e9riode de fragilit\u00e9 politique sur l\u2019\u00eele.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">D\u2019o\u00f9 son nom <em>: \u00abl\u2019\u00eele magique\u00bb. <\/em>C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 Don Kato rentre en sc\u00e8ne, tel un coup de semonce, condamne le pr\u00e9sident, <em>aloral. <\/em>Sa sentence. <em>At\u00e9ri, J\u00e9r\u00e9mie doit atterrir avec l\u2019ex\u00e9cutif local. <\/em>Coup de th\u00e9\u00e2tre, une autre ville r\u00e9pond en \u00e9chos \u00e0 J\u00e9r\u00e9mie : \u00ab<em>la Constitution doit atterrir\u00bb<\/em>. C\u2019est la gal\u00e8re. Le pr\u00e9sident use ses talons en efforts solitaires.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Tous les ex\u00e9cutifs locaux jugulent, <em>comp\u00e9tition, <\/em>bas les masques. Alors qu\u2019il a convoqu\u00e9 des \u00e9lections tardives. Plus de faux fuyant, le pr\u00e9sident chausse des souliers \u00e9trangers, l\u2019arrogance \u00e9clate au grand jour. C\u2019est une nouvelle r\u00e9volution. <em>C\u2019est l\u2019effet Kato.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Nul n\u2019est besoin d\u2019\u00eatre sorcier de la Voldrogue, <em>grande rivi\u00e8re de J\u00e9r\u00e9mie<\/em>, pour comprendre la machine amorc\u00e9e. Si le pr\u00e9sident r\u00e9agit, il s\u2019enferme dans son propre pi\u00e8ge, s\u2019il se tait, il est pris au pi\u00e8ge.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Ses d\u00e9clamations proposant un rassemblement d\u2019avec ceux d\u2019outremer deviennent <em>mensonges<\/em>. <em>D\u00e9couverts. <\/em>Il se veut le seul g\u00e9nie \u00e0 bord.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Ou, impulsif, s\u2019il se tait, il s\u2019\u00e9touffera de ses propres nerfs. Puis, tous les ex\u00e9cutifs locaux \u00e9mergeront comme <em>une poudri\u00e8re r\u00e9chauff\u00e9e <\/em>par rapport aux pouvoirs r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s tardivement. Telle une ru\u00e9e vers l\u2019or, c\u2019est celle du pouvoir. <em>Avec la meringue.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Le langage, la potion de la meringue a toujours pour effet d\u2019emmener la bande vers ce<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">qu\u2019Henry Verneuil d\u00e9crit dans Fernandel-Carnaval (1953), <em>une f\u00e9rule populaire<\/em>. Personne au monde n\u2019a jamais su l\u2019arr\u00eater. Pire, se taire par d\u00e9faut n\u2019est une vertu chez le pr\u00e9sident, ce serait la preuve sur le collet, les souliers du pr\u00e9sident ont une couleur \u00e9trang\u00e8re interdite par la m\u00eame voix des pouvoirs d\u2019ex\u00e9cutif local du maire de J\u00e9r\u00e9mie. Don Kato a d\u00e9finitivement provoqu\u00e9 une r\u00e9volution en meringue acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e \u00e0 J\u00e9r\u00e9mie.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>Merci d\u2019y croire !<\/em><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Cet article est publi\u00e9 par l\u2019hebdomadaire Ha\u00efti-Observateur, \u00e9dition du 25 juin 2014 <strong>VOL. XXXXIV &#8211; No. 26, New York<\/strong> et se trouve en <strong>P. 8<\/strong> \u00e0\u00a0:<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>SUR LA ROUTE DU CIN\u00c9MA Par Dan Albertini Les Souliers du Pr\u00e9sident Un sc\u00e9nario qui met en vedette Don Kato, le pr\u00e9sident et la ville de J\u00e9r\u00e9mie. Kanaval est Carnaval Antonio Cherami est Don Kato. 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