{"id":3836,"date":"2019-04-17T08:15:41","date_gmt":"2019-04-17T12:15:41","guid":{"rendered":"http:\/\/haiti-observateur.ca\/?p=3836"},"modified":"2019-04-17T08:15:41","modified_gmt":"2019-04-17T12:15:41","slug":"mise-au-point-sur-le-proces-des-faux-timbres-de-1975","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/haiti-observateur.news\/?p=3836","title":{"rendered":"Mise au point sur le proc\u00e8s des faux-timbres de 1975"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Mise au point sur le proc\u00e8s des faux-timbres de 1975<\/strong> (Version int\u00e9grale) <em>par Eddy Cav\u00e9<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Depuis le d\u00e9clenchement des manifestations r\u00e9clamant \u00e0 cor et \u00e0 cri la tenue d\u2019un proc\u00e8s Petro- Caribe, il y a deux pr\u00e9c\u00e9dents qui reviennent continuellement au menu des d\u00e9bats publics sur la corruption en Ha\u00efti : le proc\u00e8s de la Consolidation tenu en 1904 sous la pr\u00e9sidence de Nord Alexis et le proc\u00e8s des faux timbres-poste tenu sous Jean-Claude Duvalier, en 1975. L\u2019int\u00e9r\u00eat de ces discussions est \u00e9norme si l\u2019on pense qu\u2019il faudra, d\u2019une part, profiter de l\u2019exp\u00e9rience de ces assises pour faire avancer le pays vers la cr\u00e9ation de l\u2019\u00c9tat de droit et, d\u2019autre part, \u00e9viter de r\u00e9p\u00e9ter les erreurs du pass\u00e9. Vu sous cet angle, le proc\u00e8s des timbres, que l\u2019avocat Patrick Laurent a commenc\u00e9 \u00e0 commenter le jeudi 4 avril en cours \u00e0 l\u2019\u00e9mission Le Point de T\u00e9l\u00e9 M\u00e9tropole, m\u00e9rite d\u2019\u00eatre analys\u00e9 en profondeur, d\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de cette mise au point. Je reviendrai probablement sur la question apr\u00e8s la deuxi\u00e8me partie de l\u2019analyse de Me Laurent.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Mes remarques porteront ici sur trois points qui, \u00e0 mon avis, entachent s\u00e9rieusement le s\u00e9rieux de l\u2019analyse de Patrick Laurent : i) l\u2019affirmation que Frantz Leroy, le cerveau de la fraude, \u00e9tait le chef de cabinet de Serge Fourcand, secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat au Commerce et principal accus\u00e9; ii) la pr\u00e9sentation, sans analyse pr\u00e9alable, de ce dernier comme \u00ab suspect num\u00e9ro 1 \u00bb dans l\u2019affaire; iii) le peu d\u2019importance accord\u00e9 \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019appareil judiciaire et aux r\u00e9sultats obtenus.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Frantz Leroy, chef de cabinet de Serge Fourcand ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">J\u2019avais commenc\u00e9 \u00e0 suivre l\u2019\u00e9mission avec un int\u00e9r\u00eat d\u2019autant plus grand que j\u2019appr\u00e9cie beaucoup le commentateur. J\u2019ai toutefois sursaut\u00e9 quand je l\u2019ai entendu affirmer que Frantz Leroy \u00e9tait le chef de cabinet de Fourcand. Je connaissais bien les deux hommes, et cette association me paraissait impossible. Frantz Leroy avait \u00e9t\u00e9 un de mes camarades de promotion au lyc\u00e9e P\u00e9tion \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1950, puis durant son bref passage en 1967 \u00e0 l\u2019\u00c9cole des Hautes \u00c9tudes internationales (ENHEI). De son c\u00f4t\u00e9, Serge Fourcand avait \u00e9t\u00e9 \u00e0 la fois un ami, un coll\u00e8gue \u00e0 la Banque Nationale de la R\u00e9publique d\u2019Ha\u00efti (BNRH) et mon professeur de science politique \u00e0 l\u2019ENHEI. Non seulement je ne pouvais les imaginer dans une relation ministre chefs de cabinet, mais je n\u2019avais jamais entendu parler d\u2019une telle collaboration, ce qui m\u2019intriguait beaucoup.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Pour en avoir le c\u0153ur net, je t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 Fourcand qui confirme mes doutes. Il me r\u00e9pond que les rares contacts qu\u2019il a eus avec Leroy, c\u2019\u00e9taient dans les ann\u00e9es 1960 o\u00f9 il l\u2019a eu comme \u00e9tudiant \u00e0 l\u2019ENEHEI. \u00ab En outre, crut-il bon de pr\u00e9ciser, \u00e7\u2019aurait \u00e9t\u00e9 une grave erreur de jugement de ma part de l\u2019attacher \u00e0 mon cabinet, car il n\u2019avait ni les comp\u00e9tences que je recherchais ni l\u2019int\u00e9grit\u00e9 que j\u2019exigeais de mes collaborateurs \u00bb. Il y a lieu d\u2019ajouter ici que la fonction de chef de cabinet n\u2019existait pas \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des minist\u00e8res. Le cabinet de chaque ministre \u00e9tait une entit\u00e9 assez informelle regroupant les chefs des grandes divisions administratives du minist\u00e8re, notamment les Finances, le Personnel, le Contentieux, le Secr\u00e9tariat, etc.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Serge Fourcand, suspect num\u00e9ro 1 dans l\u2019enqu\u00eate ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Ce premier point clarifi\u00e9, j\u2019ai continu\u00e9 \u00e0 \u00e9couter en diff\u00e9r\u00e9 la suite de l\u2019\u00e9mission. Mes r\u00e9serves se muent en \u00e9tonnement et en d\u00e9ception quand j\u2019entends le juriste affirmer qu\u2019une fois \u00e9tablie la preuve de la falsification de la signature d\u2019Henri Bayard, le sous-secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat du Commerce, Serge Fourcand \u00e9tait devenu le \u00absuspectnum\u00e9ro1\u00bbde l\u2019enqu\u00eate. Quelle aberration ! Et quel est le raisonnement qui fait d\u2019un sup\u00e9- rieur hi\u00e9rarchique l\u2019auteur d\u2019une falsification de la signature de son collaborateur imm\u00e9diat ? J\u2019ai travaill\u00e9 pendant 45 ans dans le milieu de la Banque centrale, dont 10 en Ha\u00efti, 35 au Canada. Des dossiers de contrefa\u00e7on et de faux en signature, j\u2019en ai vu par dizaines, mais je n\u2019ai jamais entendu que, dans les cas de ce genre, le premier suspect ou le coupable \u00e9tait le sup\u00e9rieur hi\u00e9rarchique du faussaire, un ministre ou un gouverneur de banque centrale.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-3824 alignleft\" src=\"http:\/\/haiti-observateur.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/ho17avril2019antonioandre.jpg\" alt=\"\" width=\"231\" height=\"209\" \/>Soyons s\u00e9rieux. \u00c0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 Antonio Andr\u00e9 et Vilfort Beauvoir contresignaient les billets de banque ha\u00eftiens, aucun analyste moindrement s\u00e9rieux n\u2019aurait eu l\u2019id\u00e9e de pointer du doigt le PDG Antonio Andr\u00e9 dans un cas de contrefa\u00e7on de la signature de son vice-pr\u00e9sident. Au Canada, ce serait encore pire. Impossible d\u2019imaginer que le gouverneur de la banque centrale, G\u00e9rald Bouey par exemple, soit m\u00eame per\u00e7u comme un simple suspect dans une affaire de falsification de la signature de William Lawson, son premier sous-gouverneur. Impensable !<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">La contrefa\u00e7on de signatures, le faux monnayage et l\u2019utilisation de faux sont des crimes que commettent les voleurs de grand chemin. Comment imaginer un seul instant, si ce n\u2019est dans l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un complot visant \u00e0 d\u00e9truire un grand commis de l\u2019\u00c9tat, qu\u2019un homme de cette stature s\u2019abaisse jusqu\u2019\u00e0 imiter ou faire imiter la signature d\u2019un de ses subalternes ? Cela d\u00e9passe carr\u00e9ment mon entendement.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Le peu d\u2019importance accord\u00e9 \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019appareil judiciaire et aux r\u00e9sultats obtenus<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Durant toute la dur\u00e9e du proc\u00e8s, la d\u00e9pendance du judiciaire \u00e0 l\u2019endroit de l\u2019ex\u00e9cutif a \u00e9t\u00e9 manifeste, ce qui a gravement entach\u00e9 le s\u00e9rieux de l\u2019ensemble du processus. En r\u00e9alit\u00e9, ce proc\u00e8s n\u2019aura \u00e9t\u00e9 qu\u2019un divertissement m\u00e9diatique, un spectacle organis\u00e9 pour d\u00e9truire une comp\u00e9tence qui prenait manifestement trop de place sur l\u2019\u00e9chiquier politique, tout en prot\u00e9geant les auteurs de l\u2019escroquerie. Aussi renoncera-t-on en cours de route \u00e0 l\u2019accusation initiale de faux et d\u2019utilisation de faux pour retenir celle de la n\u00e9gligence administrative. C\u2019est vraiment dommage que cet aspect de la question n\u2019ait m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 dans la premi\u00e8re partie de l\u2019\u00e9mission de M\u00e9tropole.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">On n\u2019oubliera pas qu\u2019au terme du proc\u00e8s, le commissaire du gouvernement et les magistrats recevront chacun une luxueuse Volvo en guise de r\u00e9compense de la pr\u00e9sidence. En outre, ils seront tous promus \u00e0 tour de r\u00f4le jusqu\u2019au poste de ministre de la Justice.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Au chapitre des r\u00e9sultats, ce proc\u00e8s aura \u00e9t\u00e9 un \u00e9chec monumental. L\u2019\u00c9tat ha\u00eftien n\u2019a rien r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 du montant de la fraude, tandis que le consul d\u2019Ha\u00efti \u00e0 Miami Eug\u00e8ne Maximilien et son principal complice Frantz Leroy seront condamn\u00e9s aux travaux forc\u00e9s et graci\u00e9s imm\u00e9diatement. De son c\u00f4t\u00e9, Serge Fourcand sera \u00e9ject\u00e9 du gouvernement apr\u00e8s avoir pr\u00e9par\u00e9 l\u2019entr\u00e9e d\u2019Ha\u00efti dans la CARICOM et ren\u00e9goci\u00e9 au profit de l\u2019\u00c9tat ha\u00eftien le monopole d\u2019exploitation de la bauxite par la multinationale am\u00e9ricaine Reynolds Mining.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Dans l\u2019actuel d\u00e9bat d\u2019id\u00e9es sur un \u00e9ventuel proc\u00e8s PetroCaribe, il est essentiel de souligner la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019assurer l\u2019ind\u00e9pendance et l\u2019impartialit\u00e9 des futurs magistrats et de pr\u00e9coniser une strat\u00e9gie ax\u00e9e sur au moins deux r\u00e9sultats : la r\u00e9cup\u00e9ration des sommes d\u00e9tourn\u00e9es et l\u2019instauration de saines pratiques dans la gestion des finances publiques.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Retour sur Frantz Leroy<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Frantz Leroy \u00e9tait un cas d\u2019esp\u00e8ce. Flamboyant, beau parleur, \u00e9picurien et s\u00e9ducteur n\u00e9, il nageait comme un poisson dans l\u2019eau dans l\u2019atmosph\u00e8re empoisonn\u00e9e de cette p\u00e9riode. Il a jou\u00e9 et a gagn\u00e9 sur tous les tableaux jusqu\u2019au jour o\u00f9 un grain de sable s\u2019est infiltr\u00e9 dans l\u2019engrenage de sa machine \u00e0 succ\u00e8s. Il a ainsi connu les honneurs, mordu \u00e0 pleines dents dans les fruits de la vie et affront\u00e9 avec son panache habituel les pires \u00e9preuves de l\u2019existence.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">\u00ab Rome admirait ses vertus et C\u00e9sar lui-m\u00eame r\u00e9compensa ses m\u00e9rites \u00bb, dira de lui Me G\u00e9rard Gourgues en le pr\u00e9sentant, dans sa d\u00e9fense, comme un enfant du r\u00e9gime duvali\u00e9riste, qui avait ainsi droit \u00e0 des circonstances att\u00e9nuantes ! Recr\u00e9ant ensuite l\u2019atmosph\u00e8re des Catilinaires de Cic\u00e9ron, le brillant avocat s\u2019exclamait sous les applaudissements de l\u2019assistance \u00ab O Tempora, O Mores ! Quelle \u00e9poque ! Quelles M\u0153urs! \u00bb Ce faisant, G\u00e9rard Gourgues contribuait \u00e0 sa fa\u00e7on \u00e0 faire de Frantz Leroy une des vedettes du feuilleton.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Frantz Leroy \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9tranger quand il apprit que son \u00e9pouse, Marl\u00e8ne Beauvais Leroy, avait \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9e pour complicit\u00e9 dans l\u2019enqu\u00eate criminelle o\u00f9 il \u00e9tait cit\u00e9 \u00e0 compara\u00eetre. Se sachant prot\u00e9g\u00e9 par la m\u00e8re du pr\u00e9sident du pays, il y retourna dans l\u2019intention de sommer les hommes des Casernes Dessalines de lib\u00e9rer sa femme. Un sc\u00e9nario qui rappelle l\u2019arrestation de Sanite B\u00e9lair et l\u2019intervention de son mari Charles B\u00e9lair accouru \u00e0 son secours. \u00c0 la diff\u00e9rence que ces deux h\u00e9ros de la guerre de l\u2019Ind\u00e9pendance seront jug\u00e9s et ex\u00e9cut\u00e9s. C\u2019\u00e9tait en 1802 et sur ordre de Dessalines, encore g\u00e9n\u00e9ral dans l\u2019Arm\u00e9e fran\u00e7aise !<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Il se r\u00e9p\u00e8te qu\u2019en r\u00e9action aux pressions des tortionnaires Jean Valm\u00e9, Albert Pierre (dit Ti Boul\u00e9) et Emmanuel Orcel, qui lui proposaient de le renvoyer hors de cause s\u2019il d\u00e9non\u00e7ait Serge Fourcand, Frantz Leroy aurait r\u00e9pondu : \u00ab Je suis peut-\u00eatre un escroc, mais un escroc chevaleresque. Fourcand ne sait rien de cette histoire. Ne comptez pas sur moi pour le faire condamner \u00bb. Tout \u00e0 son honneur d\u2019avoir \u00e9pargn\u00e9 au pr\u00e9tendu \u00ab suspect num\u00e9ro 1 \u00bb l\u2019obligation de faire la preuve de son innocence.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Une dizaine d\u2019ann\u00e9es plus tard, le 15 ao\u00fbt 1985, Frantz Leroy perdait la vie dans un des dangereux virages du Morne Tapion. Il \u00e9tait ivre mort quand, en revenant d\u2019une soir\u00e9e dansante \u00e0 Petit-Go\u00e2ve, il s\u2019\u00e9tait install\u00e9 au volant de sa voiture pour rentrer \u00e0 Port-au-Prince. Un indice, peut-\u00eatre, qu\u2019il cherchait dans la bois- son un exutoire \u00e0 ses tourments, m\u00eame s\u2019il s\u2019amusait \u00e0 se faire appeler \u00ab Le roi des timbres \u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Serge Fourcand, un bouc \u00e9missaire<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Dans une entrevue accord\u00e9e \u00e0 Jean-Claude Boyer et publi\u00e9e dans Le Nouvelliste du 9 f\u00e9vrier 2005, G\u00e9rard Gourgues d\u00e9clarait sans ambages que le gouverne- ment s\u2019\u00e9tait empar\u00e9 du crime de faux pour faire de Serge Fourcand un bouc \u00e9missaire. Cette affirmation r\u00e9sume \u00e0 elle seule toute la dimension politique du proc\u00e8s. Apr\u00e8s avoir d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9tait au fond du puits et qu\u2019il fallait descendre dans ce puits pour la remonter sur la margelle \u00bb, Gourgues avait forc\u00e9 le Minist\u00e8re public \u00e0 battre en retraite. L\u2019assis- tance avait vibr\u00e9, ce qui aida \u00e0 faire de cette phrase l\u2019argument principal de la d\u00e9fense.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">J\u2019ai toujours eu le franc-parler avec Serge Fourcand et il con- naissait bien mon opinion sur la collaboration avec le r\u00e9gime Duvalier. Je suis convaincu que c\u2019est en connaissance de cause qu\u2019il prit le risque de naviguer \u00ab entre le vice et la violence \u00bb, pour employer ses propres termes. Sa barque s\u2019est abim\u00e9e sur les rochers de la cupidit\u00e9 et des basses intrigues. Au moment de prendre sa retraite en 2002, il a publi\u00e9, en guise de m\u00e9moire, un livre o\u00f9 il expose les dessous de ce mauvais proc\u00e8s, ainsi que sa vision du d\u00e9veloppement d\u2019Ha\u00efti, ses projets pour le pays et ses r\u00e9alisations. Il y raconte aussi ses r\u00e9ussites et surtout l\u2019exp\u00e9rience des montagnes russes qu\u2019a \u00e9t\u00e9 son passage \u00e9clair dans la politique ha\u00eftienne.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Entre le vice et la violence \u2013 Un visage rat\u00e9 (Ha\u00efti 1971-1975) est un livre \u00e0 lire absolument dans le contexte des discussions sur un \u00e9ventuel proc\u00e8s PetroCaribe et surtout avant la deuxi\u00e8me partie de l\u2019\u00e9mission annonc\u00e9e par T\u00e9l\u00e9 M\u00e9tropole pour le jeudi 25 avril en cours. Ottawa, le 14 avril 2019 <a style=\"color: #000000;\" href=\"mailto:eddycave@hotmail.com\">eddycave@hotmail.com<\/a>.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Cet article est publi\u00e9 par l\u2019hebdomadaire Ha\u00efti-Observateur, \u00e9dition du 17 avril 2019 et se trouve en <strong>P.1, 7<\/strong> \u00e0\u00a0: <a style=\"color: #000000;\" href=\"http:\/\/haiti-observateur.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/H-O-17-april-2019.pdf\">http:\/\/haiti-observateur.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/H-O-17-april-2019.pdf<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mise au point sur le proc\u00e8s des faux-timbres de 1975 (Version int\u00e9grale) par Eddy Cav\u00e9 Depuis le d\u00e9clenchement des manifestations r\u00e9clamant \u00e0 cor et \u00e0 cri la tenue d\u2019un proc\u00e8s Petro- Caribe, il y a deux pr\u00e9c\u00e9dents qui reviennent continuellement&#8230; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3822,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[17,18,25],"tags":[202,370,762,785,821,880,940,1088,1975],"class_list":["post-3836","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ecave","category-economie","category-haiti","tag-audubon","tag-cabinet","tag-duvalier","tag-eddy-cave","tag-enhei","tag-faux","tag-frantz-leroy","tag-haiti-observateur","tag-proces-des-timbres"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3836","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3836"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3836\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3836"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3836"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3836"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}