{"id":2737,"date":"2018-11-07T17:55:12","date_gmt":"2018-11-07T22:55:12","guid":{"rendered":"http:\/\/haiti-observateur.ca\/?p=2737"},"modified":"2018-11-07T17:55:12","modified_gmt":"2018-11-07T22:55:12","slug":"quand-le-banditisme-prime-sur-la-raison-detat-en-haiti","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/haiti-observateur.news\/?p=2737","title":{"rendered":"Quand le banditisme prime sur la raison d\u2019\u00c9tat en Ha\u00efti"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><strong><span style=\"color: #000000;\">Quand le banditisme prime sur la raison d\u2019\u00c9tat en Ha\u00efti <\/span><\/strong><span style=\"color: #000000;\"><em>par Michel L\u00e9andre<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Les bandits arm\u00e9s deviennent ma\u00eetres des vies et des biens, en Ha\u00efti, \u00e0 la faveur des premiers \u00e9v\u00e9nements-tests des 7 et 8 juillet 2018 quand des casseurs pillaient, incendiaient des \u00e9tablissements commerciaux, \u00e0 Port-au-Prince, sans aucune intervention des forces de s\u00e9curit\u00e9 ha\u00eftienne concentr\u00e9es \u00e2 la capitale. Durant ces deux journ\u00e9es, la Police nationale d\u2019Ha\u00efti et ses unit\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9es d\u2019intervention restaient \u00e0 leur base, alors que les diff\u00e9rents m\u00e9dias diffusaient des images de l\u2019\u00e9v\u00e9nement.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Des palabres s\u2019en suivaient mais la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9tait ce qu\u2019elle \u00e9tait : meurtres, vols, viols, incendies, barricades enflamm\u00e9s, menaces, la peur \u00e0 travers une capitale sous la f\u00e9rule des bandits op\u00e9rant \u00e0 visi\u00e8re d\u00e9couverte.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">L\u2019\u00c9tat ha\u00eftien, dont on se plaignait de la non-existence, mon trait nettement qu\u2019il est incapable d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 des vies et des biens, son r\u00f4le primaire. La plaie reste ouverte jusqu\u2019au 17 octobre o\u00f9 les citoyens assistaient avec incr\u00e9dulit\u00e9 \u00e0 l\u2019agonie du gouvernement. Depuis, les bandits, comme des loups, sont sortis de leurs tani\u00e8res se pavanent sans masque \u00e0 travers la capitale, sirotent paisiblement des cocktails dans les bars et les principaux lieux de d\u00e9 tente, tant \u00e0 P\u00e9tion-Ville, jusque dans les quartiers les plus hupp\u00e9s de l\u2019aire m\u00e9tropolitaine, sans la moindre inqui\u00e9tude.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Banditisme et politique<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Les r\u00e9gimes politiques qui se sont succ\u00e9d\u00e9s au pouvoir, apr\u00e8s le d\u00e9part des Duvalier, avaient d\u2019ordinaire utilis\u00e9 les services de gens malintentionn\u00e9es, v\u00e9ritables d\u00e9fenseurs de leurs causes, dans les quartiers d\u00e9favoris\u00e9s de la capitale et des villes de province. Un passe-temps lucratif qui attire les ch\u00f4meurs s\u2019organisant pour la premi\u00e8re fois en cellules appel\u00e9es bases sous Aristide deuxi\u00e8me version. Aujourd\u2019hui, ces bases se prolif\u00e8rent dans l\u2019ensemble du pays compos\u00e9es d\u2018hommes arm\u00e9s s\u2019auto proclamant commandants.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Mais en r\u00e9alit\u00e9 ce sont de v\u00e9ritables truands qui tuent, pillent, violent, etc., dans le but de maintenir leur autorit\u00e9 dans leur fief, et gr\u00e2ce au ran\u00e7onnement de paisibles citoyens, ils jouent le bon-papa en aidant certaines familles n\u00e9cessiteuses. Les bandits sont les bras longs de certains politiciens qui leur assurent les votes de leur fief; et une fois en porte \u00e0 faux avec la police, ces politiciens sans tarder en leur faveur \u0153uvrant \u00a0pour qu\u2019ils ne passent m\u00eame une soir\u00e9e en prison. Une complicit\u00e9 sans borne puisque les bandits \u00e9margent du salaire et des frais dont b\u00e9n\u00e9ficient les politiciens qui les soutiennent. Il s\u2019ensuit que les bandits n\u2019ont d\u2019\u00e9gard pour les policiers et deviennent plus arrogants au fil du temps. On s\u2019interroge les mo yens d\u2019approvisionnement en armes et munitions de ces malfrats qui peuvent passer une jour n\u00e9e enti\u00e8re \u00e0 se d\u00e9fendre contre les attaques d\u2019autres gangs rivaux et m\u00eame contre les unit\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9es de la Police.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">En effet, le mercredi 17 octobre, n\u2019ont-ils pas r\u00e9cidiv\u00e9, mettant en d\u00e9route la strat\u00e9gie de la Police, au Pont Rouge, en pr\u00e9sence m\u00eame du Pr\u00e9sident pendant que tous quartiers \u00e9taient en \u00e9bullition, des bandits arborant leurs armes de guerre, circulaient, terrorisaient et organisaient des festins qui se terminaient tard dans la soir\u00e9e. Entre temps, la police bouclait les p\u00e9rim\u00e8tres de l\u2019aire m\u00e9tropolitaine et patrouillait les rues. Les bandits ne s\u2019inqui\u00e9taient m\u00eame pas vu qu\u2019ils avaient d\u00e9j\u00e0 accompli leur plan Durant la journ\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Ce vendredi 2 novembre, la police entame une op\u00e9ration pour d\u00e9loger le puissant chef de gang Anel Joseph, en cavale. Huit de ces lieutenants sont dans les filets de la police, et une soixantaine de complices sont arr\u00eat\u00e9s. La police entend rester sur les lieux en vue, selon le porte-parole, de pacifier la zone. L\u2019action de ces bandits arm\u00e9s de Cit\u00e9 de Dieu, au Bicentenaire, et de Grand\u2019Ravine sont n\u00e9 fastes pour les voyageurs empruntant la Route nationale No 2 qui des servent quatre d\u00e9partements g\u00e9o graphiques : Sud-Est, Nippes, Sud et Grande Anse. Ces d\u00e9partements, r\u00e9put\u00e9s greniers de la capitale, n\u2019arrivent pas \u00e0 acheminer leurs denr\u00e9es \u00e0 la capitale. Ce qui cr\u00e9e une raret\u00e9 qui occasionne une flamb\u00e9e rapide des prix. En plus la population de Carrefour, de Mariani, de Gressier, L\u00e9og\u00e2ne, de Grand Go\u00e2ve et de Petit Go\u00e2ve n\u2019ont pas acc\u00e8s \u00e0 la capitale pour s\u2019approvisionner en produits import\u00e9s destin\u00e9s aux m\u00e9nages.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Somme toute, une importante majorit\u00e9 des Port-au-Princiens s\u2019est transform\u00e9e en sinistr\u00e9s, se trouvant \u00e0 la merci des bandits s\u2019\u00e9rigeant en ma\u00eetres des vies et des biens. La noble raison d\u2019\u00c9tat est contingent\u00e9e par la volont\u00e9 des gangs arm\u00e9s. Les citoyens de la capitale ha\u00eftienne vivent leur propre version de la <em>somalisation <\/em>ne sachant pas toujours qui saura mettre ces criminels au pays. Puisque avec une administration Mo\u00efse-C\u00e9ant \u00e0 court de ressources, il y a fort \u00e0 parier que la paix et la s\u00e9curit\u00e9 dans les quartiers \u00e0 risque n\u2019est pour demain.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Haiti-Observateur, November 7, 2018<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p>cet article est publi\u00e9 par l\u2019hebdomadaire Ha\u00efti-Observateur \u00e9dition du 7 novembre 2018 et se trouve en\u00a0<strong>P. 7<\/strong>\u00a0\u00e0 :\u00a0<a href=\"http:\/\/haiti-observateur.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/H-O-07-nov-2018.pdf\">http:\/\/haiti-observateur.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/H-O-07-nov-2018.pdf<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand le banditisme prime sur la raison d\u2019\u00c9tat en Ha\u00efti par Michel L\u00e9andre Les bandits arm\u00e9s deviennent ma\u00eetres des vies et des biens, en Ha\u00efti, \u00e0 la faveur des premiers \u00e9v\u00e9nements-tests des 7 et 8 juillet 2018 quand des casseurs&#8230; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2288,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9,25,39],"tags":[762,1088,1399,1576,1850,1896,1914],"class_list":["post-2737","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chronique","category-haiti","category-politique","tag-duvalier","tag-haiti-observateur","tag-leandre","tag-michel","tag-petion-ville","tag-plaie","tag-police"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2737","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2737"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2737\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2737"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2737"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/haiti-observateur.news\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2737"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}